Armes folkloriques: « Ces lois jettent un flou sur le folklore »

kim-sart-eustache-7.jpgLe 15 juillet dernier, le gouvernement fédéral prenait un nouvel arrêté qui réinstaurait l’obligation d’obtenir une autorisation pour détenir des armes à feu d’intérêt historique, folklorique et décoratif (HFD), empêchant le retour à la vente libre de telles armes.

Un article de Gwendoline Fusillier dans La Nouvelle Gazette de ce jeudi 13 août 2015.

 

Un arrêté qui n’est pas passé inaperçu dans le monde des marcheurs de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

« Mon téléphone n’a cessé de sonner », sourit Gérard Adam, le président de l’Association des Marches Folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

« Cela a vraiment suscité l’émoi chez les marcheurs. Cela fait une vingtaine d’années que l’on est régulièrement embêté à ce sujet. Une fois de plus, cela jette un flou sur notre folklore. »

Selon lui, les fonctionnaires qui publient ce genre d’arrêté ignorent la réalité de terrain. « Cette énième modification ne change pas grand-chose pour nous marcheur. Il n’y a presque plus personne qui utilise des armes à percussions directes. Et ceux qui possèdent ce genre d’arme savent ce qu’ils doivent faire. Cela ne concerne qu’une infime partie, peut-être 200-250. »

8.000 FUSILS SUR 12.000 MARCHEURS

Et donc pas des tromblons, fusils… « Pour celles-ci, il ne faut pas d’autorisation. Il faut relativiser et surtout arrêter avec des propos alarmistes. Oui, ce sont des armes mais les faits graves sont très rares. Et c’est très souvent accidentel. Cela doit faire une dizaine d’années qu’il y a eu un tué avec une arme folklorique. »

Les marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse rassemblent entre 10 et 12.000 marcheurs. « Et parmi eux, ce sont 8.000 avec une arme. En comptant qu’ils font une dizaine de décharges avec, ça fait 80.000 décharges. Et on en fait tout un plat ! C’est clair, qu’à terme, ce genre de lois, d’arrêtés pourrait menacer notre folklore. On ne parle pas de kalachnikov, on parle d’une arme à poudre. Il en va de la responsabilité et de l’usage que l’on en fait. »

La poudre est d’ailleurs réglementée. « Je constate également qu’il y a de moins en moins de marcheurs qui tirent. En effet, dorénavant beaucoup marchent avec des gants blancs, cela ne va pas de pair avec le tir. Aussi, dans beaucoup de compagnies, la distribution de poudre se fait uniquement lorsqu’on en a besoin. C’est déjà une sécurité. Et puis on ne peut pas imaginer une marche sans une décharge. Cela fait partie du folklore, de la tradition. »

Les commentaires sont fermés.